Marrakech : coups de cœurs (films, livres, lieux)
Parmi les nouvelles adresses qui se sont imposées dans la médina, la Terrasse des épices, est sans doute le concept le plus étonnant : aménager un café sur une terrasse, perchée sur une kissaria, perdue au fin fond de la médina, il fallait oser. Mais après le succès du Café des épices (même propriétaires), il était plus facile de déplacer le public. Un superbe décor, simple mais de très bon grût et innovant, a fait le reste…
L'adresse est très appréciée en hiver quand on cherche un endroit au soleil, mais aussi l'été, en fin d'après midi, pour prendre l'air. Plus étonnant et encore méconnu, la kissaria en question est en train de connaître une véritable métamorphose. Plusieurs créateurs se sont installés au premier étage: Sissi Morocco, un dimanche au soleil, Argane et bain, la maison Bahira, etc… A chaque fois, Il y a un vrai concept, une vraie originalité. Pour la plupart, ce sont des boutiques qui servent de vitrine à des créateurs, et quelques autres commerçants réunissent des objets de provenance diverses, autour d'une thématique : des fringues, des produits cosmétiques, de la déco… Une dizaine de petites boutiques sont présentes et d'autres sont sur le point d'ouvrir. Autre particularité : si le souq est un univers exclusivement masculin, ici, "les petites boutiques" sont toutes tenues par des femmes. A découvrir !

Claudi Bravo, peintre Chilien, mort en juin 2011 après 40 ans de vie au Maroc
Je dois faire un aveu : en relayant l'information culturelle ou évènementielle, on ne sait pas toujours de qui on parle vraiment, un peu comme les marchands de journaux qui n'ont, bien sûr, pas le temps de lire leurs journaux. Le nom de Claudio Bravo était passé sous mes yeux, sans que j'y porte attention. C'est par un échange de mails, qu'un ami de Suisse, me l'a fait découvrir… Ce peintre exceptionnel est décédé, cette été à Tanger. Né en 45 au Chili, ll présente sa première exposition à 17 ans. A 25 ans, il s'installe à Madrid et devient portraitiste. Son habilité à dépeindre les objets et les formes complexes rappelle celle de Vélasquez. C'est avant tout un peintre hyperréaliste, style déconcertant par excellence : au-delà de la prouesse technique, pourquoi se donner tant de mal pour arriver pratiquement à l'effet photographique ? Sans doute, l'artiste, y trouve t'il une certaine satisfaction, un peu comme dans un art martial : la quête de la perfection… Il a peint beaucoup de natures mortes, très conventionnelles (des fruits, des antiquités…) mais avec parfois des thèmes plus incongrues (des ampoules électriques, des contenants ménagers en plastique…) ou extrèmement dépouillés (des sacs en papier monochrome, des drapés de tissus). Côté personnages, il engageait parfois des compositions très baroques (des mises en scène "renaissance" avec des personnages contemporains !). Enfin, amoureux du Maroc, où, il a vécu depuis 72, sa peinture était imprégnée de la lumière et de références locales, avec, en particulier, des hommes en jellaba, traité avec une austérité monacale, pratiquement comme… des natures mortes !
Parler de peinture est vain ; vos yeux en apprendront beaucoup plus. Vous verrez : si chaque œuvre, en elle-même, force l'admiration, la juxtaposition des tableaux, loin de lasser, devient envoutante…
http://www.foroxerbar.com/viewtopic.php?t=11531
C'est le premier livre que je lis de Fouad LAOURI et je n'ai qu'une envie: le conseiller et en lire d'autres, de la même veine moqueuse, ça fait vraiment du bien !
C'est l'histoire, sur une année scolaire (1969-1970), d'un jeune garçon, Mehdi, âgé de 10 ans, originaire de Beni Mellal ; premier de la classe, boulimique de lecture, il obtient une bourse pour étudier, en internat, au lycée Lyautey. Mehdi, qui ne vit que par les mots, ne connait le monde, les gens, les choses de France que par les livres, va se confronter à la réalité et ajuster peu à peu son regard sur les français..., ce qui donne lieu à des quiproquos cocasses, des "mal entendus" désopilants, bref c'est drôle, enlevé, touchant et ça égratigne pas mal au passage....
Pour ceux qui ont le goût des mots, quel régal !
Christiane tillanne@free.fr
Un film de femmes: la réalisatrice, les actrices, le sujet, la manière de filmer, la musique… tout est au mode féminin. Un film sans histoire, sans véritable scénario mais où on ne s'ennuie pas une minute et rit souvent. Beyrouth, un salon de coiffure pour dames. On se retrouve à partager l'intimité, les confidences, les fragilités… des coiffeuses, des clientes et des voisines. Des portraits tout en tendresse, en subtilité. Nisrine est musulmane et se prépare à son mariage… Layale est la maîtresse angoissée d'un homme mariée… Une étrange cliente, si belle et si bien coiffée qui semble ne venir là que pour la plaisir de la compagnie des autres femmes et tout particulièrement de l'attention de Rima… Pendant que la vieille Lili, dans la rue, à moitié folle, ramasse tous les papiers qui trainent y compris les contraventions sur les pare-brise des voitures ! Les quelques hommes qui traversent le film y sont traités aussi avec beaucoup de tendresse, et d'une certaine manière les héros invisibles de cette joyeuse communauté.
Comme dans la chanson de Gnawa diffusion, on ressort avec la douce impression d'avoir été un fauteuil dans un salon de coiffure pour dames…
Rémi zwinup@gmail.com
Parcourir des blogs, c'est une autre manière de s'initier à la ville... Voici quelques blogs qui me semblent intéressant :
http://www.soleilrouge.weonea.com/ Un nantais (Bretagne/France) à Marrakech. Photographies et textes poétiques.
http://www.elhyani.net/ Blog politique.
http://marrakech-mon-amour.blogspot.com La vie à Marrakech par une immigrée Française. Le maitre mot : SAVOIR ET TOLÉRANCE. Inactif mais intéressant.
http://fdmmaroc.canalblog.com/ Le blog de l'Association Démocratique des Français à l'Etranger. Des infos utiles aux résidents français...
http://mangin2marrakech.canalblog.com Blog des anciens marrakchis, et de ceux qui ont connu Marrakech au temps du protectorat... Une mine d'infos sur ce passé révolu mais relativement récent.
http://marrakechdelices.bloguez.com/ Blog de recettes de cuisine. Humm... Quand est-ce qu'on mange ?
Si vous avez des suggestions : zwinup@gmail.com
Pour commencer, le film de Radu Mihaileanu est irréprochable sur un plan technique : dialogues excellents, bonnes prises de vue, scénario bien ficelé (sans longueur, avec une vraie dynamique…) et servi par une belle équipe d'acteurs marocains et arabes : Leïla Bekhti (déjà remarquée dans "Tout ce qui brille"), Biyouda alias"vieux fusil", Mohamed Majd… Le film a été tourné près de Moulay Brahim (certaines scènes près de Tnine Ourika), aussi, vous reconnaitrez peut-être quelques figurants… Il est inspiré d'un fait qui s'est passé en Turquie, où des femmes ont fait la grève de l'amour pour contraindre leurs maris à faire une adduction, de la montagne, jusqu'au village…
Ce film est une excellente réflexion sur la place des femmes, leur relation aux hommes,… sujet sensible qui fait beaucoup réagir le public et qui rend encore plus passionnant de voir ce film en salle. Bien sûr, au-delà de l'anecdote, bien des sujets sont abordés, comme le port du voile ("Vieux fusil", dont le fils est un jeune imam qui cherche à promouvoir le voile, lui fait une leçon d'anthologie, avant de le jeter à la rue !), ou l'utilisation du Coran pour justifier l'oppression des femmes (versets à l'appui, les héroïnes du film proposeront d'autres lectures…). Surtout, ce film est une formidable parabole universelle : les choix des mots est toujours chargé d'un symbolisme puissant ; l'eau, ce n'et pas seulement ce truc pour laver le linge et la vaisselle, c'est d'abord la vie, la fécondité dont les femmes sont plus particulièrement porteuses… Autre métaphore, pour mieux se faire entendre, les femmes tressent des épines au milieu du village en forme de puits, avec une banderole à l'adresse des hommes : vos cœurs sont secs comme les épines de ce puits…
Rémi zwinup@gmail.com
Un des ces petits café-restaurants dont nous avons souligné l'éclosion depuis quelques temps.... Une bonne cuisine, bien présentée. Des prix très, très doux... Une équipe affable qui cherche vraiment à servir les clients... Et surtout, malgré l'exiguïté du lieu, un vrai travail de déco, en clin d'œil inspiré au travail de l'artiste Hassan Hajjaj...
A deux pas de Jemaâ el fna. Prendre la rue à côté du Café de France. Au premier carrefour, en face.
Vous avez-vu un fim, lu un livre... Vous venez de découvrir un café, un resto... Vous l'avez aimé et vous avez envie d'en parler.
Vous avez un ami peintre ou sculpteur... Vous souhaitez défendre son talent.
La rubrique "J'aime" vous est ouverte !
Il ne s'agit pas de faire des éloges dithyrambiques. Il faut juste donner envie de découvrir. Il ne s'agit pas de prétendre à la qualité de "critique". Il faut juste partager son coup de coeur.
Les films, les livres doivent être d'auteurs marocains ou relatifs au Maroc. (ou des thèmes voisines : Maghreb, Islam, immigration...). Les évènements les expositions doivent avoir lieu à Marrakech et sa région.
Envoyez votre texte à zwinup@gmail.com 300 mots au maximum + votre nom et prénom + votre email Eventuellement une photo (200 pixel de large) Nous nous réservons la publication. Merci.
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